Le tabac est responsable chaque année en France de 66 000 décès. Le chirurgien-dentiste, en tant que professionnel de santé, doit prendre une part active dans la prise en charge du sevrage tabagique, à plus d’un titre. D’une part, le tabac a des multiples effets néfastes sur la cavité buccale et d’autre part, compte tenu de la récurrence des rendez-vous dans les traitements dentaires, le suivi du sevrage mis en place est optimal. On reconnaît, de longue date, les effets carcinologiques du tabac, mais il en est d’autres tout aussi délitaires à la cavité buccale.
Au niveau des tissus parodontaux, le tabac est le facteur de risque dont l’impact est le plus important sur l’évolution des maladies parodontales : le patient fumeur a plus de risque de développer une parodontite et d’augmenter la sévérité de cette dernière. D’autre part, le patient fumeur, répond moins bien aux thérapeutiques parodontales, qu’elles soient chirurgicales ou non chirurgicales. Il est maintenant communément admis que le traitement d’une parodontie chez un patient fumeur passe par le contrôle et le sevrage tabagique, afin de limiter son évolutivité et de potentialiser la reprise thérapeutique.
En implantologie, le tabac compromet l’ostéointégration. Un échec est beaucoup plus fréquent, surtout à l’arcade maxillaire chez les patients fumeurs. Il faut donc, avant d’entreprendre un traitement implantaire, amener le patient à l’arrêt du tabac et le motiver à mettre en place les conditions indispensables à la pérennité du traitement proposé.
Une cigarette est composée de plus de 4000 substances responsables des différents effets iatrogènes du tabac : effets carcinologiques, hypoxiques, irritants …Une substance particulière, la nicotine, est, elle, responsable de la dépendance au tabac sans en avoir les effets nocifs. C’est pourquoi, pour enrayer la dépendance, on utilise les substituts nicotiniques. Il faut dans un premier temps évaluer la dépendance au tabac, grâce au texte de Fagerström (plaquette GSK).
En fonction du score obtenu, on adaptera la prescription de substituts.
Les patchs constituent le premier traitement à mettre en œuvre. Il existe différentes marques de substituts nicotiniques mais les principes de prescription restent identiques. On considère que le patient qui fume 1 paquet par jour doit utiliser un patch de plus fort dosage. Ce traitement doit être prescrit sur un mois avec le dosage maximum. Le mois suivant le patch est coupé en 2, est utilisé en ½ dose dans le mois suivant.
Il faut veiller à surveiller en permanence le bon équilibre du patient : les signes du syndrome de manque (anxiété, prise de poids, irritabilité) doivent être compensés par la nicotine.
On peut associer au traitement trans-dermique des formes orales des substituts nicotiniques : gommes à mâcher, comprimés sub-linguaux, inhaleur pour équilibrer la concentration sur toute la journée.
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